Assassinat: La romancière et écrivaine Saoudienne Balkis MELHEM est assassinée par ses frères.

« Accusée de tolérance et d’être proche des laïques, la romancière et écrivaine Saoudienne Balkis Melhem est assassinée par ses frères». C’est le titre d’un article qui circule ces derniers jours sur les réseaux sociaux et même sur certains journaux électroniques francophones qui parlent « d’extrémisme religieux » au royaume Saoudite.

Dernières Nouvelles de Kabylie a contacté la romancière Belkis Melhem ou « Belqees Mulhim », « ambassadrice de la culture gratuite », et a confirmé qu’elle est toujours en vie et cette histoire d’assassinat n’est qu’une « rumeur très ancienne ».

« J’ai démenti cette rumeur à plusieurs fois, mais en vain » nous a déclaré Belkis.

Belkisqui se présente comme « Fille de l’humanité et amie de la poésie et de la musique, celle qui écrit en ayant comme seul motif  l’amour et la paix.» nous a parlé d’elle, de la rumeur de son assassinat  et la condition de la femme en Arabie Saoudite.

« Cet  article qui suscite beaucoup de débat est l’un des articles les plus lus et le plus répandu  dans le monde arabe et même ailleurs. Est-ce que parce qu’il portait des messages qu’aucune écrivaine saoudienne n’a abordé d’une façon directe ? », S’interroge Belkis.

Si le stylo faillit à sa tache, ça sera le sabre qui prendra place.

« Je vais peut être vous résumer les raisons de la diffusion  de ces messages d’une façon spectaculaire. Et là je vais déclarer la raison de sa rédaction.

Ma fille Mounira m’a raconté alors qu’elle n’était qu’en deuxième année secondaire ce qui s’est déroulé dans une séance de sciences islamiques quand l’enseignante a expliqué une leçon portant sur la prière collective et son obligation sur l’homme et juger hypocrite celui qui ne l’exécute pas.

L’une de ses élèves intervient avec audace en incriminant ses propos, affirmant selon elle que son père ne se conforme pas à la prière collective, ce qui ne le qualifie pas d’hypocrite et que ses  actes de bienfaisances et la bonne éducation qui lui a inculqué à elle et à  ses frères en témoigne de la bonté  de l’homme et de sa bonne moralité.

Ce qui a conduit à une dispute entre l’enseignante et l’élève que c’est un jugement religieux  indiscutable.

Mon article donc vient en réponse à ma fille pour apaiser son étonnement de la réaction de son enseignante qui est incapable peut être devant ces programmes religieux imposés et stériles à  fournir des informations correctes sur la religion, elle interdit de faire des choses et les rend complètement réelles tout comme l’interdiction de la mixité et traiter celui qui la pratique qui va inévitablement  tomber dans l’adultère et ses conséquences d’enfants illégitimes. Mais une fois la phase de secondaire se termine, ces fleurs déformées intellectuellement vont bénéficier d’une bourse d’étude à l’étranger  soutenu par l’état et que c’est sans doute inévitablement mixte sans aucune restriction religieuse.

Une fois l’article publié dans le site « art et littérature » qu’il s’est répandu d’une manière extraordinaire, le site a été exposé au piratage et le sujet à été supprimé récemment après avoir été consulté  par cinquante mille lecteurs. Le site « art et littérature »  s’est abstenu après à  publier mes articles à fin de préserver la sécurité du site.

Après des mois, l’un des rancuniers a inventé cette rumeur  et la publié en s’appuyant sur cet article et un autre article sous le titre « ma fille est une fan de Nasr Allah » que je l’ai publié en 2006 après les événements de Ghaza et il avait ses propres raisons.

Ce truand  ne s’est pas rendu compte qu’il ne faut pas accepter un crime terrible dont la raison est un article qui enfonce son idiologie.

Et sous la pression des rumeurs qui se répètent et les centaines de messages que je recevais, j’ai rédigé un démenti dans la presse et dans plusieurs sites sur internet et n’ayant comme profit que l’éveil de la conscience et scandaliser l’autorité religieuse qui impose malheureusement quelques unes de ses idées d’une manière méthodique. Mais l’étudiant et l’étudiante restent plus conscients à l’ère de l’ouverture sur l’autre. L’époque dont le besoin urgent est de créer des liens, fermer l’œil sur les erreurs, l’abolition du confessionnalisme, l’éradication de  la violence et du terrorisme et appeler à la paix en soi même.

Et j’ai réalisé ça à travers les réponses positives dans sa majorité et qui poussent vers le changement et la réconciliation. Je souligne également que le titre de l’article avait pour but d’attirer l’attention du lecteur, sinon l’article ne serait pas publié dans la presse locale sachant  à priori qu’elle soit rejeté plutôt qu’elle soit refusé qui veut dire dissimuler la pensée qu’elle porte dans ses messages.

Et à travers votre journal, j’adresse un appel  humaniste qui ne va pas s’estomper pour renouveler notre alliance d’amour et de construction. Et je ne manquerai pas de rappeler le message de Nadji Naamane – l’humaniste – qui appelle à la culture gratuite :

« Si le stylo faillit à sa tache, ça sera le sabre qui prendra place ».

Et je souligne que je suis ambassadrice de la culture gratuite, et ce que j’ai produit depuis la rumeur à ce jour en témoigne  l’échec  de ceux qui ne veulent pas voir la vérité en face.

Et je ne manquerai pas de déclarer mon désir de voir que quelques uns de mes textes  qu’ils soient des poèmes, des récits et des romans,  traduits vers la langue amazighe et française à la fois pour mieux me connaitre à travers une vision globale. Et que la connaissance de Balkis ne soit pas limitée à un article qui peut être incomplet ou  dont les points de vue sont différents. »

La main mise de la tribu dominera toujours sur le regard de la société sur la femme

Nous avons demandé à Belkis de nous parler de la situation de la femme en Arabie Saoudite et elle a répondu « Les droits qu’à la femme saoudienne ressemblent à un venin qui coule en compte-goutte. Mais vers la fin, il fait son effet.

Oui, il existe l’intellectuel  qui est conscient de ces droits et qui en offre de son âme et qui œuvre pour les réaliser. Mais la main mise de la tribu dominera toujours sur le regard de la société sur la femme et de ce fait il se comportera avec elle. Et cela diffère d’une région à l’autre en prenant en considération la superficie du royaume, la différence des coutumes et traditions et la structure sociale d’une région à l’autre. Ce qui reflète positivement ou négativement sur la femme et sa part d’exercer ses droits sans pression.

Quand au sujet de la conduite de la voiture, il restera suspendu  dans les rouages des autorités attendant une solution que je crois lointaine.

Ainsi que d’autres droits négligés attendant son tour  pour être traités et l’adoption de la loi équitable à son égard. »

A la fin de nous avons demandé à M. Melham si elle a un mot à dire à nos lecteurs à l’occasion du nouvel an amazigh

« Est-ce que tu me demandes ce que je dirai au peuple amazigh à l’occasion du nouvel an ?

Un hommage à leur gloire, immortalité, histoire, leur identité et leur langue ancestrale.

Mais mon frère, je transformerai la demande aux autres nations du monde pour savoir qui sont les amazighs. Et je vais me satisfaire de ce qu’à dit Al-Hajjaj ben Yusef Ath-Thaqafy quand il a parlé des amazighs (berbères) dans son testament à Tarek Bnou Oumr  quand il a classifié les nations du pays de l’Islam Amazigh :

« Et Leur patience ne te détrompe pas, et  ne minimise pas leur force.

S’ils se soulèvent pour  prêter main à quelqu’un,  ils vont aller jusqu’à ce qu’il serra couronner.

Et s’ils se soulèvent contre quelqu’un,  ils vont aller jusqu’à ce qu’ils l’exécutent.  Demande leur l’aide, car ils sont les meilleurs guerriers sur terre.

Trois choses se croisent en eux :

–         Leur femme, donc ne leurs faites pas de mal, ou ils te dévoreront comme dévorent  les lions leur proie.

–         Leur terre, sinon les roches de leur montagne te combattront.

–         Leur religion sinon ils vont te détruire.

En conclusion, je remercie amicalement  l’équipe  du journal Dernières Nouvelles De Kabylie à sa tête le frère  Madjid Serrah.

Avec mes souhaits de plus de créativité et de réussite et de succès dans cette année et la réalisation de chaque revendication légitime de la nation Amazigh. »

Entretien réalisé par Madjid Serrah et traduit de l’arabe par Nassima Remita, publié sur DNK le 11 Janvier 2014

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